Domaine I
Éveiller les jeunes à l'écologie, de manière ludique et concrète
On comprend mieux l'écologie les mains dedans.
Des ateliers où l’on fabrique au lieu d’écouter, des objets qui servent vraiment, et des repères qui tiennent au-delà de l’atelier.
Le point de départ
Pourquoi l'éveil écologique dès le plus jeune âge
À douze ans, on ne décide pas de la politique énergétique d’un pays. On décide en revanche de ce qu’on jette, de ce qu’on répare, de ce qu’on emporte pour déjeuner. Ce sont de petites décisions, prises des dizaines de fois par semaine, et elles se prennent par habitude bien plus que par conviction.
C’est pour ça que nous travaillons tôt, et par la pratique. Un discours sur le climat glisse ; une gourde qu’on a soi-même décorée reste. Un atelier où l’on transforme un vieux tissu en quelque chose d’utile apprend davantage qu’une heure de sensibilisation, parce qu’il donne une expérience concrète du fait qu’un déchet n’est pas toujours un déchet.
Nous évitons aussi de faire peur. Les jeunes entendent déjà beaucoup parler d’effondrement. Notre parti pris est de montrer ce sur quoi on peut agir, à son échelle, sans culpabiliser ceux dont la famille n’a pas les moyens de consommer autrement.
Le groupe joue un rôle qu’on sous-estime. Un jeune seul qui rapporte une gourde au collège passe pour l’original de service ; dix jeunes qui le font en même temps installent une norme. C’est une des raisons pour lesquelles nous travaillons en atelier collectif plutôt qu’en distribution de brochures : ce qui se décide ensemble tient plus longtemps que ce qu’on décide seul.
Enfin, ces ateliers ne servent pas qu’à l’écologie. Fabriquer quelque chose de ses mains, réussir un objet qu’on ose montrer, se rendre compte qu’on sait faire — cela vaut aussi pour des jeunes à qui l’école ne renvoie pas souvent ce genre d’image.
Ce qu’on y fait
Nos ateliers
Nos ateliers d’upcycling partent de matériaux récupérés — textiles, papier, contenants — que les participants transforment en objets qu’ils gardent. Les tenues roses portées lors de la marche d’octobre sortent de ces ateliers. Fabriquer ce qu’on portera devant tout le monde change complètement le rapport à l’objet.
L’upcycling n’est pas du recyclage. Recycler, c’est détruire un objet pour en récupérer la matière, ce qui coûte de l’énergie. L’upcycling garde la matière telle qu’elle est et lui donne un autre usage : un drap devient un sac, une chemise devient une trousse. Le geste est plus simple, plus visible, et il se refait à la maison sans matériel particulier.
Un atelier se déroule toujours de la même façon : on montre l’objet fini, on défait ensemble les étapes qui y mènent, puis chacun fabrique le sien. On ne repart pas d’un atelier les mains vides — c’est la règle.
Kits éco-responsables
Crayons en bois, gourdes réutilisables. Ils sont distribués lors de nos actions et remplacent durablement des objets jetables.
Guide « Consommer éco à l'école »
Des repères simples pour la rentrée : ce qu’on peut réutiliser d’une année sur l’autre, ce qui s’achète en vrac, ce qui ne sert jamais.
Une logique, pas un thème
L'écologie dans tous nos événements
L’écologie n’est pas un domaine à part chez nous : elle traverse tout ce que nous organisons. C’est plus exigeant qu’un atelier ponctuel, parce que cela oblige à se poser la question du matériel à chaque action.
Concrètement, cela veut dire renoncer à des solutions plus simples : pas de vaisselle jetable lors des goûters, pas de goodies qui finiront au fond d’un tiroir, pas de sacs plastique pour les distributions. Chaque fois, il existe une option moins chère et plus rapide, et chaque fois nous la refusons. Une association qui parle d’écologie à des jeunes ne peut pas leur demander ce qu’elle ne s’applique pas.
Des protections hygiéniques écologiques
Distribuées lors de la marche rose d’octobre, elles répondent à la fois à la précarité menstruelle et à la question des déchets.
Des colis de Noël sans emballage jetable
Un colis solidaire peut être généreux sans produire trois sacs de déchets. C’est une contrainte que nous nous imposons.
Pour qui
À qui s'adressent ces ateliers
Ils sont pensés pour les jeunes, mais nous n’avons jamais refusé un parent qui voulait rester. Les ateliers fonctionnent souvent mieux quand les générations se mélangent : les adultes apportent des gestes que les plus jeunes n’ont pas, et l’inverse est vrai aussi.
Aucune compétence n’est requise, ni pour participer, ni pour aider à animer. Si vous savez coudre, bricoler, ou simplement expliquer calmement, vous serez utile.
Soutenir nos actions au Cameroun
Les ateliers sont ouverts aux jeunes, et aux adultes qui veulent donner un coup de main pour les animer.
